Salaires : 6 équipes de Ligue 1 Mobilis dépassent le seuil établi par la FAF, avec le CRB en première position.

Six équipes de Ligue 1 Mobilis alloueraient cette saison 910 milliards de centimes, soit 9,1 milliards de dinars, uniquement pour les salaires de leurs joueurs. En tête, le CR Belouizdad dépasserait de plus de quatre fois le plafond de 50 milliards de centimes établi par la Fédération algérienne de football (FAF). Ces chiffres ravivent le débat sur l’efficacité d’un système qui permet de tels dépassements.
Jusqu’à 220 milliards de centimes pour le CR Belouizdad
D'après des estimations relayées à la télévision, le CR Belouizdad se placerait largement en tête des salaires de l’élite cette saison, avec 220 milliards de centimes dédiés aux rémunérations. L’USM Alger suivrait avec 190 milliards de centimes, devant la JS Kabylie, qui serait à 150 milliards.
Le MC Alger compléterait le quatuor de tête avec 130 milliards de centimes. Le MC Oran et le CS Constantine atteindraient chacun 110 milliards. Au total, ces six clubs mobiliseraient 910 milliards de centimes, soit 9,1 milliards de dinars, pour la seule rémunération de leurs effectifs :
- CR Belouizdad : 220 milliards de centimes, soit 4,4 fois le plafond
- USM Alger : 190 milliards de centimes, soit 3,8 fois le plafond
- JS Kabylie : 150 milliards de centimes, soit 3 fois le plafond
- MC Alger : 130 milliards de centimes, soit 2,6 fois le plafond
- MC Oran : 110 milliards de centimes, soit 2,2 fois le plafond
- CS Constantine : 110 milliards de centimes, soit 2,2 fois le plafond
Ces montants ne concernent que les salaires. Ils n'incluent ni les primes, ni les frais de déplacement, ni les coûts de recrutement, ni d’autres charges opérationnelles. De plus, le tableau ne concerne que six des seize clubs de l’élite : si l'on étendait à l'ensemble de la Ligue 1, le total dépasserait les 1 000 milliards de centimes par an.
Un plafond de 50 milliards de centimes, mais pas une interdiction
La FAF avait lancé la réforme fin 2024. Dans un communiqué publié le 31 décembre 2024, elle a annoncé une rationalisation des dépenses soumise au contrôle de sa direction de gestion, un nouveau contrat type pour les joueurs professionnels à partir de juin 2025 et une charte éthique pour tous les acteurs du football professionnel.
Le dispositif appliqué depuis la saison 2025-2026 repose sur deux niveaux :
- Un plafond individuel : 2,5 millions de dinars par mois pour la partie fixe du salaire d’un joueur.
- Un seuil collectif : une masse salariale annuelle de 500 millions de dinars, soit 50 milliards de centimes, par club.
Dans une note datée du 27 juillet 2025, la FAF a précisé les obligations des clubs dépassant ce seuil : ils doivent fournir une garantie bancaire de 50 millions de dinars et un engagement écrit de leur société propriétaire ou de ses associés.
Le texte laisse surtout une porte ouverte : un club peut franchir le plafond s’il démontre que les salaires additionnels seront réglés par des fonds autres que ceux des entreprises publiques. Le responsable de la communication de la FAF, Said Fellak, a lui-même expliqué en juillet 2026 que le plafond constituait un seuil à respecter et non une interdiction. Il a ajouté que « tous les clubs algériens sont en faillite ».
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La saison dernière, six clubs déjà au-delà du seuil
Le problème n’est pas nouveau. Dès novembre 2025, le rapport mensuel du Bureau fédéral indiquait que six clubs dépassaient les 50 milliards de centimes de masse salariale annuelle : le MC Alger, la JS Kabylie, l’USM Alger, le CR Belouizdad, le MC Oran et le CS Constantine. La FAF reconnaissait alors que la majorité des clubs respectaient le dispositif, et la DNCG a convoqué les six formations concernées pour qu’elles justifient leurs dépassements.
En janvier 2026, au terme d’une procédure de contrôle engagée par la DNCG de la FAF, six clubs ont été sanctionnés pour avoir dépassé le plafond : le MC Alger, l’USM Alger, la JS Kabylie, le CR Belouizdad, le CS Constantine et le MC Oran. Chacun a écopé d’une amende de 10 millions de dinars et a dû déposer une caution de 40 millions de dinars auprès de la LFP. Cette caution, distincte de la garantie prévue par la note de juillet 2025, sert à couvrir d’éventuels litiges en fin de saison et revient aux clubs si aucun contentieux n’est enregistré.
La menace d’une interdiction de recrutement ne s’est pas matérialisée : les clubs sanctionnés ont pu recruter lors du mercato d’hiver après avoir réglé l’amende et déposé la caution.
Le mouvement n’a pas changé pour autant. Selon les estimations des médias sportifs pour la saison 2026-2027, le MC Alger atteindrait 130 milliards de centimes de masse salariale, le MC Oran et le CS Constantine 110 milliards chacun. Ces six clubs cumuleraient environ 910 milliards de centimes, soit jusqu’à quatre fois le plafond fixé par la FAF.
L’argent public au cœur du débat
La question dépasse le seul cadre sportif, car les six clubs concernés appartiennent tous à des sociétés publiques. Madar Holding détient le CR Belouizdad, le groupe Serport l’USM Alger, Mobilis la JS Kabylie, Sonatrach le MC Alger, et deux de ses filiales, Hyproc et l’ENTP, respectivement le MC Oran et le CS Constantine, comme nous l’avons rappelé dans notre article sur les salaires exorbitants de la Ligue 1.
Les autorités avaient pourtant exprimé leur volonté de freiner cette dérive. En février 2025, Walid Sadi, ministre des Sports et président de la FAF, avait annoncé, en réponse à un député, la fin des salaires excessifs à partir de la saison 2025-2026.
Les données présentées lors d’un atelier de la FAF en juin 2025 montraient déjà l’ampleur du phénomène : les seize clubs de Ligue 1 avaient versé près de 70 millions de dollars de salaires à leurs joueurs en 2024-2025, contre 42 millions la saison précédente, soit une augmentation de 64 % en un an.
Ces salaires élevés ne garantissent pas toujours des résultats, comme l’illustraient déjà les performances décevantes de plusieurs attaquants très bien rémunérés lors de la saison 2024-2025. La gestion des clubs financés par des fonds publics fait également l’objet de procédures judiciaires, à l’image de l’affaire visant l’ancien président de la JSK.
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Quel avenir pour le plafond en 2026-2027 ?
Le Bureau fédéral, réuni le 11 juillet 2026, a défini la feuille de route de la nouvelle saison. Les clubs de Ligue 1 devaient obtenir leur licence sur une plateforme ouverte du 9 au 16 juillet, condition indispensable pour participer aux compétitions. La fédération a également confirmé l’interdiction de recrutement visant 27 clubs, dont sept de Ligue 1, pour des salaires impayés à des joueurs et à des entraîneurs.
Parmi eux figurent quatre des six clubs sanctionnés en janvier pour avoir dépassé le plafond de masse salariale : le CR Belouizdad, l’USM Alger, la JS Kabylie et le CS Constantine.
Les instances n’ont cependant pas précisé publiquement le sort du plafond de 50 milliards de centimes pour cette saison, ni les contrôles que la DNCG prévoit de mener sur les clubs qui le dépassent.
Tant que les clubs ne publient pas leurs comptes et que la DNCG ne diffuse pas ses conclusions, les montants qui circulent restent des estimations. Il convient donc de les considérer avec prudence, en attendant des chiffres officiels de la FAF, de la LFP ou des sociétés propriétaires.
Une chose est certaine : le décalage entre le plafond affiché et les montants évoqués relance le débat sur la portée réelle des réformes financières de la FAF, et sur la capacité du football professionnel algérien à maîtriser des dépenses largement financées par l’argent public.
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