L’ancien gardien de but international du Togo, Kodjovi Obilalé, partage son parcours extraordinaire dans le monde du football, qui s’est malheureusement terminé de manière tragique.

Obilalé se dévoile lors d’un entretien, dont l’intégralité a été relayée dans un article du célèbre média italien, La Gazetta dello Sport. L’ancien Épervier évoque d’abord son rêve le plus cher, celui de représenter le Togo à la Coupe du Monde 2006 en Allemagne.

« C’était un rêve d’enfant devenu réalité. Depuis ma jeunesse, dans mon quartier, nous rêvions de participer un jour à une Coupe du Monde, et pour moi, ce rêve s’est concrétisé. C’était une expérience incroyable. À 21 ans, être sur un terrain bondé de dizaines de milliers de personnes, dans une ambiance si électrisante, c’était inouï. Même si nous avons été éliminés lors de la phase de groupes, cette Coupe du Monde représentait pour moi le fruit de toutes ces années de travail et de sacrifices. Et pour le pays, c’était une immense fierté. »

Des souvenirs douloureux

Obilalé revient également sur l'attentat tragique ayant ciblé deux bus togolais en route vers l'Angola, hôte de la Coupe d'Afrique des Nations en 2010.

Cette tragédie a coûté la vie à trois personnes : le chauffeur, le attaché de presse et un assistant technique. L'attaque a été revendiquée le soir même par le FLEC, le Front de libération de l’enclave.

« Ce sont des souvenirs très douloureux qui restent gravés en moi. Je m'étais rendu à cette Coupe d'Afrique des Nations pour de bonnes raisons : participer à la compétition, me faire remarquer et espérer être repéré par un club plus prestigieux. Puis, le 8 janvier 2010, nous avons pris la route pour Cabinda : la Fédération a choisi de ne pas prendre l’avion et nous avons voyagé en bus vers l'Angola. … J’ai ressenti une angoisse inexplicable, comme si quelque chose de mauvais allait se produire. »

Le souvenir le plus précieux d’Obilalé

« …Sortir du tunnel et entrer sur le terrain dans un stade rempli à ras bord, sous les ovations de dizaines de milliers de personnes et dans une atmosphère assourdissante, c’était une expérience que je n’avais jamais connue auparavant. Faire partie de la première équipe nationale togolaise à disputer une Coupe du Monde… Inoubliable. »

Après avoir suivi un traitement et une réhabilitation de trois ans et demi, Obilalé a entrepris une formation.