L'attaque d'un officiel remet le football kényan dans la tourmente.

Photo: RFI

Après avoir signalé un penalty à Nairobi, l'arbitre John Sulwe a été poursuivi et agressé par des dizaines de supporters, illustrant les tensions croissantes dans le football kényan, déjà entaché par des conflits et des scandales depuis plusieurs mois.

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Des médias kényans ont dénoncé mercredi l'agression d'un arbitre de football survenue la veille, alors qu'il était poursuivi et frappé par des dizaines de supporters à Nairobi après avoir sifflé un penalty lors d'un match décisif pour une place en première division kényane. « Quelle honte », s'indigne le quotidien The Standard, illustrant son article avec une photo de John Sulwe, affichant une grimace alors qu'un homme portant une casquette jaune lui porte un coup de poing au visage. Le journal « The Star » évoque un match qui « a sombré dans le chaos ».

Les images, choquantes, ont été largement commentées sur les réseaux sociaux. On peut y voir M. Sulwe siffler un penalty contre les Kariobangi Sharks, qui l'entourent rapidement, le poussant, tandis que la foule envahit le complexe sportif d'Ulinzi, un stade situé à Nairobi. À ce moment-là, le score est de 2-1 en faveur des Sharks, l'équipe basée dans la capitale kényane.

Si Mombasa United, l'équipe de la deuxième ville du Kenya, réussit à marquer le penalty, elle sera en bonne position pour accéder à la première division, ayant déjà gagné le match aller 2-1. Cependant, le score ne changera jamais : le match est interrompu peu après, à la 68e minute, alors que M. Sulwe s'éloigne en courant sous la protection des stadiers. Avant cela, l'arbitre en maillot rouge semblait paniqué, poursuivi par des supporters, dont plusieurs l'ont frappé au visage. Un siège en plastique lancé dans sa direction a frôlé sa tête.

Ni la Fédération kényane de football (FKF) ni les deux équipes concernées n'ont encore réagi à cet incident, que The Standard qualifie de « fin embarrassante d'un match censé mettre un terme à un conflit qui a pris le football kényan en otage depuis des mois ».

Les Kariobangi Sharks, propriété d'un ancien président de la FKF, avaient terminé 16e et étaient les premiers relégables de la saison précédente de Première Ligue kényane. Ils avaient contesté leur descente en deuxième division ainsi que la montée de Mombasa United devant la justice. Après une longue période de blocage, la Fédération kényane, souvent secouée par des scandales de corruption, avait décidé d'organiser deux matches de barrage pour résoudre la situation.

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