Présidence de la FIFA : Infantino détient une position avantageuse, tandis que l’UEFA continue de rechercher son candidat et mise sur l’équité.

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À quelques mois du Congrès électif de la Fifa, l’Uefa rencontre des difficultés pour dénicher un concurrent crédible à Gianni Infantino, dont le projet avorté Fifa Forward Entreprise a pourtant ravivé les mécontentements. En l'absence de candidat, l'offensive pourrait se tourner vers le domaine judiciaire, à l'image de la chute de Sepp Blatter.

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À cinq mois du congrès électif de la Fifa, prévu en mars 2027, l’Uefa et son président Aleksander Ceferin peinent à faire émerger un candidat pour rivaliser avec Gianni Infantino qui, bien que fragilisé, semble pour l’instant bien positionné pour conserver son poste à la tête de l’instance mondiale.

La crise déclenchée juste après la Coupe du Monde par Infantino, avec son projet avorté de création d’une société commerciale ouverte à des investisseurs privés, nommée Fifa Forward Entreprise (FFE), a convaincu l’Uefa que le moment était enfin propice pour mettre un terme au règne de l’Italo-Suisse entamé en 2016.

Il reste toutefois à dénicher la personnalité adéquate pour incarner et fédérer une opposition grandissante afin de renverser celui que Ceferin a qualifié d’« empereur », lors de l’AG de l’Association européenne des clubs (EFC) le 29 septembre.

Malgré des négociations en coulisses et le front uni affiché par les confédérations européenne (Uefa), nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC), ces recherches n’ont pour l’heure pas porté leurs fruits. Le temps presse, car la date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre.

Choisir un proche

Ce candidat ne peut pas être un Européen : il se heurterait en effet aux craintes du reste du monde concernant une domination de la Fifa par l’influente et riche Uefa, ce qui réduirait ses chances d’être élu. C’est dans ce contexte qu’il faut interpréter la décision du Slovène de ne pas défier Infantino lui-même, alors qu'il est également poussé par ses alliés à se représenter l’an prochain à la tête de l’instance européenne.

« Un Européen n’aurait aucune chance », a confirmé une source proche des instances mondiales à l’AFP.

Il a donc été envisagé de sélectionner un proche de Ceferin, le Canadien Victor Montagliani, président de la Concacaf qui regroupe 35 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes. Un homme à qui l'on prête de grandes ambitions pour l'après-Infantino, mais plutôt à partir de 2031.

« C’est notre candidat idéal. Il coche toutes les cases. Il n’est pas Européen, il peut séduire pas mal de monde. Il a fait beaucoup pour le développement du foot féminin notamment », avait confié une source proche de l’Uefa à l’AFP il y a plusieurs semaines.

Cependant, l’option Montagliani semble avoir perdu de son élan. Le Canadien ne s'est toujours pas engagé alors que le congrès électif de la Concacaf se profile en 2027, au cours duquel il pourrait briguer un nouveau mandat. Difficile sans doute de mener deux fronts simultanément.

Une autre personnalité capable de défier Infantino, le président du Paris SG Nasser Al-Khelaïfi, s'est lui-même retiré de la course en affirmant lors de l’AG de l’EFC qu’il n’avait « aucun intérêt pour la Fifa ». Il était également difficile pour lui de contrarier la fédération qatarie qui a déjà apporté son soutien à Infantino.

La possibilité de soutenir la candidature du Bahreïni Cheikh Salmane ben Ibrahim Al Khalifa, défait de manière écrasante par Infantino en 2016, ne semble pas non plus viable. « Il a déjà été battu en 2016, il n’a aucune chance », a estimé cette source proche de l’Uefa.

En somme, aucun prétendant à l’horizon, tandis que le dirigeant de la Fifa parcourt le globe pour recueillir des soutiens.

« Rappelez-vous Sepp Blatter »

« Dans tous les cas, Infantino sera élu », prédit même une source proche des instances mondiales. « L’idée est plutôt de modifier la gouvernance pour réduire le pouvoir d’Infantino », ajoute-t-elle.

Le message semble avoir déjà été reçu. Gianni Infantino a proposé à la mi-septembre aux 211 fédérations membres de la Fifa une « consultation » dans le but de réformer le fonctionnement de l’instance, promettant une semaine plus tard une meilleure redistribution des fonds aux fédérations nationales, un enjeu crucial du scrutin à venir.

En dépit de l'absence d'un candidat solide pour rivaliser avec Infantino lors du congrès prévu le 18 mars 2027 à Rabat, l’Uefa ne baisse pas les bras pour tenter de se débarrasser du dirigeant italo-suisse. « Rappelez-vous de ce qui s’est passé avec Sepp Blatter. Il avait été réélu (en 2015, ndlr) et il est tombé quelques jours plus tard. Et pour une affaire judiciaire », souligne une source proche de l’instance européenne pour l’AFP.

À cet égard, l’Uefa a saisi la justice de Floride pour contraindre les filiales américaines de la Fifa à remettre une série de documents relatifs au projet FFE, en vue d’une potentielle procédure judiciaire en Suisse contre Infantino pour « gestion déloyale ».

« Ce ne sera pas par les instances du sport que cela se réglera et qu’il tombera. Je pense que si l’Uefa veut faire tomber Infantino, ce sera par le biais de la justice », avait prédit Michel Platini fin août.